Un évènement « qui donne la pèche »

publié le 1 mars 2014
rubrique : Actualités

Jeudi  20 février, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes est, pour la deuxième fois en quelques mois, au patio de la Villeneuve de Grenoble.
C’est le lieu choisi pour recevoir le rapport qu’elle a commandé 4 mois plus tôt  à Olivier Noblecourt, adjoint au Maire de Grenoble.
Rencontre simple et chaleureuse, rapide,  organisé un peu au débotté. L’agenda de ministre resserre le temps, mais l’essentiel sera là.
C’est d’abord la présentation par Olivier Noblecourt du travail accompli par une belle équipe capable de croiser les approches, institutionnelles, universitaires, associatives. Des rencontres d’associations au niveau national et local permettent moins des révélations qu’une synthèse forte d’un état des lieux et d’une bonne cinquantaine de recommandations.
Le rapport est assez court, clair, il se veut concret, pouvant rapidement se traduire en actions qui devraient permettent de réduire l’accumulation des difficultés auxquelles les femmes migrantes sont confrontées.
L’accent est mis sur la diversité des situations et les transformations de la réalité migratoire :  il nous invite aussi à « modifier notre regard ».
La Ministre, exprime tout simplement son plaisir d’être là, dans un quartier souvent stigmatisé, elle souligne combien elle apprécie ce rapport qui pour une part s’appuie sur des initiatives de terrain qui font leur preuve, mais demandent à être généralisées pour contrecarrer les discriminations criantes ou insidieuses dont sont victimes les femmes migrantes.
Puis quelques unes des associations qui ont contribué localement aux travaux prennent rapidement la parole pour réagir « à vif » à ce rapport et souligner combien les questions soulevées rejoignent les préoccupations de  leur engagement quotidien. Elles souhaitent évidemment que cela ne soit pas un rapport de plus qui reste lettre morte.
Médecins du Monde, Planning Familial, Solidarité Femmes, Femmes Egalité…et quelques autres interviennent tour à tour.
La question des violences auxquelles les femmes migrantes sont particulièrement exposées figurent hélas en bonne place dans ce rapport, tant elle est majeure et transversale.  Obstacle pour pouvoir faire valoir ses droits fondamentaux,  pour accéder à l’emploi, pour habiter et  vivre  avec les enfants dans des conditions dignes qui leur permettent de bien grandir, impact évidemment sur la santé et le bien-être.
Ces interventions ont permis de constater à nouveau l’importance du terrain, la complémentarité des interventions publiques et des initiatives associatives qui doivent encore mieux se conjuguer.
 Il fut aussi question des ressources sous-estimées : ne considérons pas seulement ces femmes comme des victimes, ou des personnes en demande d’aide. Elles possèdent  aussi des ressources incroyables. Elles sont courageuses à l’évidence, mais aussi inventives. Il s’agit bien de travailler avec elles aux conditions indispensables pour que chacune  puisse  jouer à plein tous les rôles auxquels elle aspire. Il nous faut « les accompagner et renforcer leur pouvoir d’agir. »
« Une rencontre qui donne la pèche »,  formule de conclusion de  l’un d’entre nous : en réalité un coup d’envoi.
Marie-France Motte – Vice Présidente de l’association Miléna